Prix littéraire et artistique
Jacques Abeille / Léo Barthe

Édition 2026

C’est lors de l’Assemblée générale du 28 novembre 2024, laquelle s’est tenue à Bordeaux, qu’avait été décidé d’organiser un prix Jacques Abeille, comportant deux volets : l’un littéraire (l’élaboration d’une nouvelle à partir d’un incipit puisé dans l’œuvre d’Abeille) et l’autre pictural, graphique, photographique, plastique (la création d’une œuvre inspirée par le même incipit). Dans cette perspective, il avait été arrêté que le dépôt des candidatures en vue de la première édition de ce concours interviendrait avant le 31 décembre 2025 et que l’œuvre serait proposée avant le 30 mai 2026 ; la remise du prix (mentions « Image » et « Nouvelle ») coïnciderait avec la sortie du Bulletin 2026 de l’AJA.

Parmi nos membres, deux amis se sont portés volontaires pour porter ce beau projet : Jacques Cauda s’est chargé de la mention « Nouvelle » et Sylvain Paré de la mention « Image ». Il faut ici les remercier très chaleureusement car leur tâche n’a pas été simple et ils n’ont pas ménagé leurs efforts pour s’acquitter d’elle. Sans leur opiniâtreté, cette édition n’aurait pas pu avoir lieu.

Jacques Cauda a tout d’abord mis en place un jury (composé de Frederika Abbate, de Hélène Perlant, de Jean-Michel Devésa et de Philippe Pichon). Puis il a recueilli les candidatures et les productions de neuf autrices et auteurs. À la suite des délibérations du jury, le 30 juin 2026 la liste des lauréats a été publiée : Matthieu Brabant (ler prix), Yannick Burtin (2e prix), Joseph Danan (3e prix). Les nouvelles de ces trois lauréats vont paraître dans le Bulletin 2026 de notre Association.

Sylvain Paré a été la cheville ouvrière de la mention « Image ». L’œuvre primée à l’unanimité par le jury fut celle de Corine Sylvia Congiu. Sur sa proposition, et grâce aux liens qu’il a tissés depuis fort longtemps à Montolieu Village du livre et des Arts (Jacques Abeille y a bénéficié d’une résidence d’auteur de 3 mois), une exposition des œuvres proposées a été programmée du 21 au 23 août 2026. Le temps fort de cette exposition fut son vernissage assuré par l’Association « Le Rêve du martinet » le 22 août, à cette occasion eut lieu la lecture de la nouvelle primée dans le cadre de notre concours par Matthieu Brabant son auteur devant une cinquantaine de personnes.

Après avoir incité artistes et essayistes de son entourage à participer à cette première édition du prix Jacques Abeille, Sylvain Paré a été à même d’obtenir un accrochage de fort bon aloi, avec des œuvres exposées dans le cadre du concours et des productions montrées hors concours. Les photographies que nous mettons en ligne permettent de le vérifier. En outre, une bâche (160 x 180 cm) a été réalisée à partir d’un poème que Jacques Abeille avait écrit à Montolieu et de photographies de ses œuvres prises par Sylvain Paré au domicile de Pauline B. Abeille.


Cette édition 2026 du prix Jacques Abeille correspond à l’esprit dans lequel notre Association souhaite agir : en fidélité avec les choix esthétiques, artistiques et philosophiques de Jacques Abeille ; avec le souci d’élargir l’audience de son œuvre ; dans un climat d’amitié et de connivence poétique. Sans l’investissement considérable auquel ont consenti Jacques Cauda et Sylvain Paré rien n’aurait été possible.


Lauréate, mention « Image »



Corine Sylvia Congiu
Mignonne, allons voir si la rose…
(vanitas sur radiographies)

« Installation composée de radiographies de formats divers (torses, poumons, pieds, mammographies…), travaillées au cutter, aux pointes, aux ciseaux et au pastel gras, après application de peinture aérosol au pochoir.

Suspendues dans l’espace, les pièces sont visibles recto-verso. Sur leur face apparente surgissent des figures féminines séduisantes : corps idéalisés, jeunes, désirables, façonnés par les codes contemporains de beauté. Par transparence, leur envers révèle l’ossature, les masses internes, la vulnérabilité organique.

L’œuvre met ainsi en tension l’image érotisée du corps et sa réalité mortelle. Elle transpose dans le présent le motif ancien des vanités : rappel de la précarité de l’existence, de l’usure du temps et du caractère illusoire des apparences.

La lumière ambiante joue un rôle essentiel : changeante selon l’heure et le lieu, elle fait apparaître ou disparaître les structures internes, comme une révélation intermittente. L’éclat de la beauté devient alors seuil, leurre ou passage vers une conscience plus nue du vivant.

Les éléments peuvent être présentés isolément ou assemblés verticalement en kakémono suspendu, notamment devant une fenêtre ou dans un espace traversé par la lumière.

L’installation est prolongée par un film d’environ trois minutes réalisé à partir d’images documentant les différentes étapes de conception de l’œuvre : dessins préparatoires, découpe des pochoirs sur rhodoïd, application de peinture à l’aérosol sur les radiographies, interventions au cutter et autres outils de gravure, jusqu’à la présentation finale des pièces en exposition.

Ce film associe également une création sonore originale et la lecture slamée d’un poème écrit pour le concours, interprété par l’artiste. Le texte, la voix, les gestes de fabrication et les images des radiographies suspendues y dialoguent de manière à prolonger l’installation dans une forme performative où création, apparition et effacement du corps se répondent.

À partir de la phrase de Jacques Abeille — « Prenez-le donc par la beauté. » — l’ensemble propose d’entrer par la séduction visible pour rencontrer ce qu’elle masque : la fragilité des corps et la vérité du temps. »

Corine Sylvia Congiu



Dans le concours

Catherine Dhomps

Chris Burtin

Erick Massé

Miriam Jansen

« Prenez le donc par la beauté et peu importe si vous avez la permission de surprendre ce couple absorbé dans l’amour. Le jouir aveugle et rend l’intimité totale. Elle s’est entièrement abandonnée à lui, lui-même est totalement concentré sur elle. Tous deux savourent la magie de l’instant. Ils sont seuls au monde et si coupables il y a, ce sont les voyeurs que nous sommes. »

Pédro

Sébastien Langloys

L'éveil

Balayé par le vent
Reviennent ce matin
Les souvenirs d'une ancienne vie
Celle que longtemps j'ai cru habiter
En silence, dans le bleu des nuits
Alors que tout se jouait ailleurs


Lou Desbèlh

Escoubat pou bén
Que s'en tournen au maïti
Lous sonbenîs d'uo bito assumade
Pensude moi
Pou silenci blu de las neites
Arré de jou, tout qu'a cambiat

Paulina Kamakine



Hors concours

Clarisse Poupard

Guillaume Chartier

Harillo

Harry Geerts

Robert Blass


Sylvain Paré

Titre : La courbure de l’espace temps
Jeu : Il faut chercher l’anagramme du titre
Réponse : Superbe spectacle de l’amour